This interview explores the life and creative process of author Amélie Nothomb, delving into her journey of self-discovery, resilience through trauma, and the profound connection between discipline, passion, and mental well-being.
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Il se trouve que je bois à 99 % du champagne. Oh ! Et là, vous me gâtez. Alors, je suis peut-être
pas forcément la plus surdouée quand il s'agit de l'ouvrir. Mais d'abord à nous chers amis.
Merci beaucoup à Amélie. Bonjour Amélie. Bonjour Louise. Bienvenue sur Inpower. Nous sommes presque
en compagnie de Champagne, mais ça attendra la fin de cet épisode pour qu'il soit bien frais
et pour célébrer. J'ai envie de parler de pas mal de choses avec vous. Enfin, en tout cas,
ce qui m'a interpellé, après c'est peut-être mon biais du moment, mais tout ce qui touche à
la santé mentale, à la gestion des émotions. Donc donc voilà, c'est là-dessus que que je viens de
vous emmener. Mais avant ça, la question que je pose à tous mes invités, c'est de se présenter de
la façon dont ils le souhaitent. Et cette dernière partie est importante. Donc je m'appelle Amélie
Notombe. Je suis de nationalité belge, bien que j'ai cru très longtemps être de nationalité
japonaise, j'écris des livres. Voilà, c'est c'est mon unique activité. Je j'ai publié mon premier
livre il y a 33 ans et je suis en train d'écrire mon 115e roman. Voilà. Je suis très heureuse
dans ce que je fais d'avoir ce que je fais est absolument ma passion et j'ai l'immense bonheur
d'avoir beaucoup de lecteurs. Donc de pouvoir vivre de de ma passion, c'est merveilleux. Voilà.
Quand est-ce que vous vous êtes rendu compte que c'était à cette passion que vous voulez vous
consacrer ? Alors, je pense que je je ne pouvais pas m'autoriser à à penser même oser écrire.
Ne parlons même pas de publier. Je je n'ai pas osé songer à écrire avant l'âge de 17 ans alors que je
suis lectrice depuis toujours et que tout le monde lit dans ma famille et que la littérature est chez
moi une valeur. Mais justement, ce n'est pas du tout incitateur. Quand on vit dans une famille où
la littérature est une très grande valeur. En fait, on ne se sent pas incité à écrire parce
qu'on se dit "Mais qui suis-je pour oser entrer dans un temple pareil ?" Je je n'ai évidemment pas
les qualités qu'il le faut. Je n'ai évidemment pas le talent qu'il faut pour ça. Et puis à 17 ans,
j'ai lu un livre qui a changé ma vie qui s'appelle l' lettre à un jeune poète de Riner Maria Rilk qui
pose la question de l'acte d'écrire de façon radicalement différente. Et c'est en lisant
ce livre que je me suis sentie autorisée à écrire pour la première fois. C'était ça a
été évidemment un très long chemin. Il a fallu que j'apprenne à écrire. J'ai appris toute seule
dans mon coin et puis après il a fallu deuxième démarche que je songe bien des années plus tard
que peut-être je pourrais partager une partie de ce que j'écrit en tentant la publication ce
qui n'a pas été tout seul non plus et voilà comment je suis là devant vous aujourd'hui.
C'est la beauté et à la fois la difficulté de l'écriture de ne pas réellement pouvoir
s'apprendre tel euh une formule mathématique qu'on pourrait ensuite appliquer à nouveau.
Comment personnellement vous sentez et je trouve que c'est encore le cas aujourd'hui, mais comment
vous vous le ressentez personnellement que vous progressez ? Ouf ! D'abord, je ne le sens pas.
Chaque fois que je tombe enceinte d'un livre et là je viens de tomber enceinte d'un nouveau livre,
je me sens aussi dénué. À chaque fois, je me dis mais comment je vais faire avec ce sujet très
particulier ? Comment arriver ? Paradoxalement, c'est peut-être l'indice d'un progrès de de se
sentir à ce point dénué chaque fois que ça recommence, de ne pas savoir comment je vais
y arriver, devoir ce sentiment de devoir tout réinventer à chaque fois et peut-être je dis,
j'ai bien dit peut-être l'indice d'un progrès. Un autre indice, si c'en est un, c'est que
j'ai l'impression que mes livres ne cessent de raccourcir. C'est-à-dire que je comprends de mieux
en mieux les principes d'économie d'écriture. Je sais de mieux en mieux à chaque fois tout ce dont
je peux me passer. Euh l'écrivain est, je crois celui qui sait ce qu'il peut ne pas écrire et à
chaque chaque fois qu'il écrit un nouveau livre, il sait encore de mieux en mieux tout ce diton
tout ce qu'il a le droit de ne pas écrire. Je trouve qu'on reconnaît le livre du débutant à
ceci que et il se leva le matin et il regarda par la fenêtre et il mit tel vêtement et il mangea
telle chose à son petit- déjeuner. Je dis ça et pourtant après ouvrait un livre de Haroui Murakami
écrivain pour lequel je délire d'admiration et il fait exactement ça. Donc vous voyez, il y a pas
de règles en plus dans l'écriture, il n'y a pas de règle. Mais c'est justement ce qui rend, je trouve
la chose difficile d'évaluation euh de ce qu'on écrit. Je le dis en plus parce que dans votre cas
vous écrivez trois quatre par an, un seul fois le jour. Oui. Donc comment vous faites pour à la
fois ne pas forcément mesurer votre progrès mais pourtant être en mesure de choisir ce qui ne ce
qui ne verra pas le jour ? Alors déjà, je me donne ce droit fondamental que en cours d'écriture,
je me donne le droit de ne pas y penser. C'est déjà tellement violent d'être enceinte.
Ça mobilise déjà tout ce que je suis tellement fort que si en plus à ce moment-là je devais me
poser la question du devenir du bébé que je porte, mais ce serait mais ce serait castrateur. On ne
peut pas à la fois consacrer toute sa vie à à sa créature que l'on que l'on est réellement en train
de créer et se dire tiens, qu'est-ce que qu'est-ce que Louise va en penser quand je passerai à son
podcast ? à ce moment-là, surtout n'y pensez pas au moment de l'écriture. Ce serait même non,
non seulement ce serait mal pour votre bébé d'y penser, mais je dirais même que ce serait mal dans
l'absolu. Ce ce serait ne pas respecter la vie à ce moment-là. La vie n'est pas censée plaire. À ce
moment à ce moment-là, la vie est censée prendre. C'est déjà très difficile de donner la vie à une
créature qui vous habite. La question intervient plus tard. C'est toujours à la fin de l'hiver.
Donc pas du tout maintenant que je relis tout ce que j'ai écrit dans l'année et que je me pose là
vraiment pour la première fois la question de savoir bon et maintenant est-ce qu'un regard
autre que le mien peut être porté sur l'une de ces créatures ? C'est un moment difficile. C'est un
moment où quels sont les critères qui entrent en jeu ? Sont-ils purement subjectifs ? C'est
totalement subjectif. Aussi objectif tel une liste. Ah non, c'est totalement c'est totalement
subjectif. C'est c'est ça la très bonne nouvelle avec la publication. C'est forcément honnête parce
que les gens qui prétendent que l'on peut savoir ce qui va plaire au public sont des charlatans.
Personne ne sait ce que le public va aimer. C'est merveilleux. On on est forcé d'être honnête.
H moi je choisis finalement celui qui à la relecture me plaît le plus. Ça ne veut pas
dire que je n'aime pas les autres, mais ça veut dire que je sens qu'ils ne sont pas forcément
destinés à être partagés. Mais qu savoir si ça va faire un carton. Mais mais je ne prétends à
aucun moment le savoir. C'est aussi bien sûr un grand sujet d'angoisse à la publication. Oui,
parce qu'au moment où je choisis un livre et où mon éditeur l'accepte et où mon éditeur le publie,
bah à ce moment-là, oui, évidemment, j'espère qu'il va plaire. Mais cette questionlà est très
ultérieure et la bonne nouvelle, personne n'en connaît jamais la réponse. H c'est libérateur
d'une certaine manière. C'est libérateur. Est-ce que vous vous souvenez de la première fois que
vous avez souhaité plaire ? Oh oui, j'ai souhaité plaire euh à ma mère très très tôt. Euh c'est
pas ça. Mes parents m'aimaient. J'ai eu de très bons parents et il m'aimaient mais euh et je les
aimais de du côté de mon père, je n'avais aucun doute. Mon père m'aimait et je l'aimais. Mais je
ne songeais pas à lui plaire. probablement parce que je lui ressemblais tellement que il y aurait
eu quelque chose d'absurde à vouloir plaire à quelqu'un auquel je ressemblais tant. Ma mère,
je ne lui ressemblais pas du tout et ça me désespérait. J'aurais adoré ressembler à ma mère
et très tôt, j'ai voulu plaire à ma mère. Et il y a énormément de choses que j'ai faites dans ma vie
pour plaire à ma mère. Par exemple, quand j'étais petite à l'école, j'étais extrêmement timide.
et je n'allais pas vers les autres. Je restais seule dans mon coin et je voyais que cette
attitude déplaisait à ma mère. J'aurais ma mère aurait voulu que j'aille vers les autres, que j'ai
des amis, que que j'ai une certaine popularité. Et pour cette raison, je suis allée à la conquête
des autres. Euh ça n'a pas été sans malin, mais voilà. Et je voyais que ma mère trouvait bien,
approuvait approuvait que que j'aille essayer de séduire d'autres enfants. Voilà. Hm. Donc c'est
très tôt en fait à l'âge de 6 ans. Clairement c'est à l'âge de 6 ans que que j'ai eu la pour
la première fois une attitude consciente aller vers les autres pour plaire à ma mère. Est-ce
que vous pensez que c'est sain de se construire dans la volonté de plaire à autrui ? Alors, ne se
construire que dans cette idée serait évidemment profondément malsin. Mais si on y réfléchit,
6 ans, c'est tard. J'étais déjà très construite à 6 ans et ce qui a précédé n'a pas du tout été
créé dans l'idée de plaire à qui que ce soit. Donc le désir relativement tardif et partiel de plaire
ne me paraît pas malsin. C'est c'est simplement une prise de de conscience du social. L'homme
est un animal social. Nous sommes censés vivre en société. L'erreur totale serait de s'imaginer que
vivre en société est quelque chose de parfaitement naturel qui ne suppose aucune adaptation. Ça,
je me suis très vite rendu compte qu'il n'en était rien. Toute petite, je croyais que j'étais Dieu.
Je assez vite compris que ce n'était pas le cas, qu'il ne suffisait pas d'arriver et de régner.
Non, ça ne produisait aucun effet. Donc, il fallait entrer en négociation avec l'autre
éventuellement en essayant de me plaire. Mais je le répète, tout est une question de proportion.
Ouais. Ne chercher qu'à plaire, arriver à l'autre uniquement en cherchant à plaire
est éminemment dangereux. Inclure l'idée de plaire dans sa démarche, d'aller vers l'autre
me paraît une conscience sociale normale. Est-ce que vous l'avez vécu de la sorte ? Alors, je dis
ça vraiment parce que c'est mon prisme, donc c'est ce que je connais. Mais j'ai l'impression
que j'ai grandi la première partie de ma vie en cherchant à plaire de plus en plus, en pensant
que c'était ça la réussite. Ah mon dieu ! Et ça qui amènerait du coup mon épanouissement et que je
dirais depuis mes 22 23 ans, euh c'est comme si je devais effectuer le travail inverse euh et c'est
comme si finalement l'épanouissement viendrait de cette capacité à ne plus chercher la validation
d'autrui. Mais ça c'est génial ce que vous dites. Alors, je dirais que c'est un vous avez raison,
c'est un double mouvement. Quand j'étais petite, je ne songeais pas du tout à plaire.
à partir de 6 ans, conscience du social, oui, le désir de plaire apparaît mais il ne prend pas
toute la place. Je me souviens, enfin jusqu'à mes 12 ans au moins, je n'étais pas du tout obsédée
par l'idée de plaire. Ça existait mais ça ne prenait pas toute la place. Je pense le meilleur
indice, c'est la fête, le moment où on danse. J'adorais danser et je dansais comme une folle.
Je faisais n'importe quoi et ça m'était bien égal que les gens trouvent que je danse bien ou pas.
Je ne pensais qu'à m'éclater et je m'éclatais à mort. Ensuite, l'adolescence, mais c'est
le mouvement inverse, hein, c'est épouvantable. Justement, exemple, excellent exemple, la danse,
on est c'est arrive la soirée, on danse, mon dieu, qu'est-ce qu'on va penser de moi ? du coup,
je n'ose plus danser parce que je n'en ai jamais fait qu'à ma tête et que je ne sais pas comment on
fait pour danser bien et du coup, je danse plus ou alors je suis pour le coup vraiment ridicule parce
que je suis tellement obsédée par l'idée que qu'on me regarde que ça devient d'une gaucherie juste
abominable. L'âge adulte, bah on commence tout doucement à faire la thèse, antithèse, synthèse.
On fait l'accord entre les deux. Bon, dans le cas de la danse, il m'a fallu vraiment beaucoup
de temps pour y arriver. Dernièrement, je ne sais pas si vous le savez, j'ai fait le zénite. Qui le
croirait ? Je vous croyez que je suis auteur mais pas du tout. En fait, je suis chanteuse
de métal. C'était ça ma véritable ambition. Et d'avoir eu cette opportunité incroyable de
de d'être sur la scène du zénite avec Hebert pour chanter et danser, là, je me suis dit "Ma vieille,
c'est l'occasion ou jamais." Donc là, tu tu tu as 8 ans, tu fais mais tu fais exactement ce
que tu veux et j'ai fait exactement ce que je voulais et je me suis éclatée comme jamais et
les spectateurs étaient médusés. En plus, c'est apparemment beaucoup passé sur les réseaux. Les
gens m'ont dit "Mais qu'est-ce que vous aviez ? Vous étiez déchaînés." Ça a été la reconquête d'un
état d'enfance. Donc j'entends ce que vous dites. Hm. C'est un travail progressif. C'est progressif.
La routine ça enfin assez calé je trouve sur le sujet. Euh vous montrez bien qu'il y a énormément
de bienfaits dans la discipline euh notamment quand on souhaite construire quelque chose,
brcher une convaincu. Euh je trouve que pour les personnes qui du coup ont potentiellement cette
facilité à la à la discipline, à la rigueur, euh le problème peut au contraire se trouver
dans le fait de ne pas mesurer quand la souffrance excède le bénéfice. Est-ce que c'est une question
que vous vous posez ou ou vous l'appliquez malgré C'est une c'est une question que je m'interdis.
Alors, je sais que aux yeux de la santé mentale là, j'entre dans le délire pur et simple.
Allons-y. J'assume. Depuis que j'ai 21 ans, il ne s'est jamais produit que je commence un jour
sans en consacrer les quatre premières heures à l'écriture, y compris quand je suis malade,
y compris quand c'est la fin du monde, y compris quand je suis au comble du chagrin d'amour,
euh y compris tout. Le cas le plus fou que j'ai vécu évidemment, c'est celui que je
raconte dans mon dernier livre, y compris quand ma mère est morte et que je viens de la prendre.
J'ai conscience que là on atteint certaines limites mais je reviens de loin. J'ai eu
des problème dans mon adolescence. J'ai dû totalement me reconstruire. J'ai dû me créer,
je crois que c'est comme ça qu'on appelle, excusez-moi si ce n'est pas le bon terme,
j'ai dû me créer un surmoi mais en béton armé pour me sortir de tous mes problèmes. Et parmi
les éléments de ce surmoi en béton armé, il y a ces 4 heures d'écriture qui commencent ma journée
et qui sont vu comme absolument obligatoires. J'ai fait une thérapie de 2005 à 2011.
Quand j'ai raconté ça à Mapsy qui était une femme tout à fait extraordinaire, elle a dit que c'était
monstrueux. Et ben il n'y a rien changé. J'ai dit je suis désolée, c'est indiscutable. Je je Oui,
il m'arrive d'être très mal. Bah, il m'arrive tout simplement d'être malade. Je suis un être
normal. Je peux être très malade. Mais même quand je suis très malade, la règle est d'application.
C'est comme ça. Qu'est-ce que vous avez appris euh durant ces 6 ans de thérapie que vous n'aviez
pas appris durant la reconstruction de vous adolescente ? Énormément de choses. Euh je
pense que la plus grande chose que j'ai apprise pendant ces 6 années de thérapie, c'est que mon
seul témoignage suffisait. Je me considérais comme tellement rien et j'ai tellement tendance
à me considérer comme tellement rien que mon seul témoignage n'était pas digne de foi. Si j'avais
vécu une situation et que j'étais la seule qu'il n'y avait pas d'autres témoins de cette situation,
je considérais que cette situation n'avait pas existé. Ce qui est éminemment handicapant dans
la vie. Ma thérapie m'a appris que mon seul témoignage était totalement digne
de foi. C'est un grand changement dans la vie. H et ces années adolescentes, si ce changement
ou si cette reconstruction a commencé vers 12 13 ansou qu'est-ce que vous qu'est-ce que vous
auriez aimé savoir plus tôt à l'époque pour vous permettre peut-être de vous reconstruire
plus vite ou plus facilement ? Déjà, si j'avais pu savoir que mon seul témoignage était digne de foi,
je peux vous assurer que ça aurait changé ma vie. Mais c'est une je je n'en étais même pas
au stade où je pensais le contraire. J'en étais au stade où vraiment ça ne m'effleurait pas que
mon point de vue et le moindre importance et la moindre importance. C'est d'autant plus spécial
que quand j'étais enfant, mon point de vue avait beaucoup d'importance. Mais ce qui m'est arrivé
à l'orée de mon adolescence m'a tellement détruite que littéralement je n'étais plus
rien. Donc je n'étais même pas au stade où je pensais tiens céit embêtant que mon témoignage
ne soit pas digne de fois. Je n'étais même pas capable de formuler ça. Il a fallu des années et
des années rien que pour être se rendre compte que en fait dans ma vision des choses que j'ai
vu quelque chose ou que j'ai rien vu du tout équivalent à la même chose c'est-à-dire à zéro.
Comment vous avez fait pour vous construire malgré cette conception des choses avant cette
thérapie qui vous a permis de de le réaliser ? Et bien justement par la discipline parce que
finalement ce point de vue de se considérer pour rien, c'est un point de vue c'est un point de vue
très japonais. Le Japon vous force à un certain moment de votre vie à vous tenir pour rien. Euh
et comment on fait pour grandir quand même quand on est rien ? par la discipline en se disant peu
importe ce que je fais tous les jours ne vaut rien mais je vais quand même ce rien je vais quand même
le faire tous les jours et je vais quand même le faire tous les jours pendant une certaine durée
et en faisant ce rien tous les jours pendant une certaine durée je vais peut-être quand
même apprendre quelque chose. C'est une chose extrêmement mal comprise. Je le vois en Europe.
vu comme et je peux comprendre je vois ce qu'il y a de masochiste dans ce point de vue mais c'est
quand même extrêmement formateur de se dire je vais faire tous les jours la même chose pendant
10 ans. Il est inévitable que ça m'apprenne quelque chose. Et oui, c'est vrai, ça apprend
beaucoup de choses. Moi ce qui m'interpelle c'est comme vous avez euh souffert d'anorexie, donc un
trouble alimentaire euh où le contrôle euh joue un rôle immense. Oui. J'ai l'impression enfin en
tout cas pour moi été orthorexique qui a une autre variante. Oui. Euh c'est passé par l'apprentissage
du alors je veux dire le mot que je déteste du lâcher-prise. Oui. Enfin en tout cas dans le fait
d'être plus flexible. Voilà. J'étais extrêmement rigide. Je trouvais un confort immense au fait
de contrôler ce que je mangeais, le sport que je faisais et et je dis souvent c'est bizarre mais
c'est une période de ma vie qui était heureuse. J'en garde le souvenir heureux mais comme je vous
comprends moi mais mais ce n'est pas sur le long terme viable dans une société qui est la nôtre.
C'est exactement ce que j'ai vécu mes années, je vais vous dire, il m'est arrivé cette agression
sexuelle, cette agression sexuel. L'année qui a suivi a été juste, mais l'enfer sur terre,
l'enfer sur terre. Et puis j'ai été anorexique. Ça a été un soulagement. Mais quel soulagement ! Mais
franchement, je je le dis avec horreur parce que je croyez-moi, je ne recommande à personne d'être
anorexique. C'est pas un choix mais vraiment quand les deux années que j'ai passé dans l'anorexie
pure et dure, ça a été au milieu de tout ça comme une un oas vraiment c'était la paix. Tout à coup,
les les démons n'étaient plus là, la souffrance n'était plus là. Oui, je crevais de faim. Bon,
sauf que très vite, on crève plus de faim du tout, hein. Euh et comme c'est bien, comme c'est bien,
je ne souffre plus. Ça a été extraordinaire. Et puis 2 ans après 2 ans sans manger, la nourriture
reprend possession de moi. Mon corps et mon âme se sépare. Mon corps recommence à manger.
C'est là le drame. C'est là que la tragédie commence. Parce que réapprendre à manger à 16
ans quand on a totalement perdu tous les réflexes alimentaires et accessoirement la digestion.
Ça c'est l'enfer. Ça c'est vraiment ça. Je ne souhaite. C'est pour ça que je dissuade tout
le monde d'être anorexique parce que soit vous mourz alors évidemment le problème est résolu,
hein. Mais mais vous êtes mort, c'est embêtant quand même hein. Euh soit il y a un moment où
pour ne pas mourir, vous en sortez et là c'est abominable parce que vous ne contrôlez plus rien,
parce que vous êtes dans un état de souffrance. D'abord, vous êtes malade physiquement, vous
vous êtes dans une haine de vous-même qui dépasse l'imagination. C'est ne pas se suicider est un un
travail de tous les jours. Oui, c'est ça qui est terrible. Heureusement que une année plus tard,
j'ai découvert l'écriture qui était quelque chose de beaucoup trop difficile pour moi. C'est ça qui
m'a sauvé. C'est pas de la magie hein. Il a fallu des années et des années pour que écrire commence
à être quelque chose que je maîtrise un tout petit peu. Mais c'est la maîtrise de l'écriture qui m'a
permis de sortir du drame alimentaire. Mais je n'en savais rien. Moi quand je commencais à
écrire, je ne savais pas que ça allait me sortir du drame de mes problèmes alimentaires. Je n'en
avais strictement aucune idée. J'ai commencé à écrire ben parce que j'avais lu Ril que que
j'étais dans un tel état de de détresse qu'il fallait bien que je trouve quelque chose. J'ai
essayé cette chose-là. Bon, ça n'a pas été de la magie mais au bout de quelques années,
ça a commencé à ressembler à quelque chose. C'est ça. Non, mais du coup, ce que je trouve assez fou,
c'est que j'ai l'impression que c'est comme si ce contrôle et cette discipline avait dû
être appliquée ailleurs, qu'elle vous était quand même nécessaire. C'est ça. Et que vous avez réussi
à le placer dans un endroit qui lui est sain. Vous avez raison, c'est un déplacement et qui
déplacement. Autant c'était mal maladif du côté de l'alimentation, d'autant plus qu'il s'agissait,
je le rappelle, de ne plus manger. Euh, autant appliquer cette discipline folle mais dans quelque
chose qui somme toute n'est pas du tout mauvais pour la santé, à savoir écrire, ça m'a sauvé. H
comment votre famille l'a vécu ? Vous avez aussi deux sœurs, j'ai aussi deux sœurs. Vous avez vos
parents ? J'ai un frère et une sœur. Exactement. C'est très difficile de d'observer quelqu'un mal,
quelqu'un qu'on aime aller mal. Oui. Comment ils ont vécu cette période de votre vie ? Ça n'a pas
été facile pour eux. Ça n'a pas été facile pour eux. Je je ne voudrais pas être à leur place.
Je je pense que je les ai euh beaucoup mis en colère, beaucoup mis en colère, beaucoup agacé.
Mais tout au long du processus, hein, aussi bien pendant l'anorexie elle-même que pendant les
années qui ont suivi. C'est et ça c'est je crois que c'était pour eux incompréhensible. Ouais. Je
peux comprendre que ce soit incompréhensible. Ouais. surtout à l'époque on en parlait en
parlait pas c'était assez peu lié à la santé mentale finalement c'était un programme externe.
Oui. Et ne pas comprendre c'est parfois au final le plus difficile hein. Oui. Mon mon frère qui
n'était jamais que mon grand frère qui était un adolescent lui c'était carrément "Ouais,
tu fais ça pour te faire remarquer quoi." C'était bien difficile de lui dire que non, ce n'était
pas du tout pour me faire préparquer. Ouais. Et que la santé mentale n'est jamais un choix. Oui,
c'est ça. Il y a une phrase dans tant mieux qui m'a marqué euh enfin c'est quand vous partagez le
fait que votre mère a rapidement vu que voilà vos frères et sœurs étaient plus lumineux et
que vous aviez plus une part d'ombre. Oui. Et qu'elle vous demande pourquoi êtes-vous comme
cela ? Pourquoi es-tu comme cela ? Et que vous répondez "Je ne sais pas." J'avais 5 ans donc
en effet je n'en savais rien. Et elle vous dit "Alors, arrête." Ouais. Ne soit pas comme ça.
Oui. Et de l'extérieur, même si euh de toute façon, je vois évidemment que elle vous dit
ça pour votre bien. Oui. Euh mais je trouve que quand même ça ni euh une part de votre entièreté,
une part aussi de votre santé mentale. Et par rapport à ce qu'on disait avant, pour moi,
la santé mentale, c'est rarement un choix. Donc on peut pas choisir d'aller bien parce qu'on
décide d'aller bien. Je sais je sais que ça a ça a choqué beaucoup de gens mais personnellement
je l'ai très bien vécu. H euh bon ma mère elle-même a eu un parcours très particulier euh
pour survivre au parcours très particulier qu'elle a eu dès sa plus petite enfance.
C'est créer des mantas, des mantras, un mantra d'une positivité folle qui
est le tant mieux. Quoi qu'il arrive, tant mieux. Je comprends que personne enfin que
tout le monde n'a pas envie d'appliquer ça à sa propre vie, mais ma mère ça l'a sauvé.
Hm. Euh finalement, ce que ma mère me suggérait, ce n'était pas un truc aussi dingue que ce
qu'elle s'était suggéré à elle-même. C'était simplement de ne pas aller vers la noirceur.
Je lui en suis très reconnaissante. Je suis persuadée que si ma mère ne m'avait n'était
pas arrivée avec ce je le répète, elle ne me lait pas. Elle me le disait gentiment.
Si ma mère ne m'avait pas dit "Tu n'as pas le droit, j'y serai allée" et je suis persuadée
que je serais devenue une grande dépressive. Je connais beaucoup de grands dépressifs. Je pense
que c'était ça le fond de ma nature à la base. Je suis probablement une dépressive contrariée,
mais j'avoue que je suis heureuse d'être une dépressive contrariée. Je ne vois pas ce que la
dépression aurait pu m'apporter. Donc je ne suis c'était un chemin pathologique qui était en moi.
Bon dont j'ai probablement donné une réalisation à au moment de ma vie où j'étais anorexique. Mais
je le répète c'était suite à une agression. Je suis heureuse d'avoir un bouclier contre les
ténèbres qui sont en moi. Ça ne signifie pas que ces ténèbres n'existent pas. Ils sont là.
Je les vis autrement. Je suis plutôt heureuse de les vivre autrement. Comment vous les vivez
justement ? parce que je pense que il y a pas de vérité en ce qui concerne la santé mentale. Fort
heureusement, dans tous les cas, c'est toujours très individuel, hein. Oui. Mais peut-être pour
des personnes qui elles-mêmes naviguent avec ces ténèvres ne savent pas forcément comment
les gérer. Comment vous le faites vous quand ils refont surface ? C'est-à-dire tous les jours ? OK.
Les ténèbres refont surface tous les jours. Là aussi, c'est une chose que que j'ai apprise avec
le temps et ma psychanalyse m'y a aidé. Bah, il y a des moments où il faut juste souffrir mais
il y a un mur de différence entre voilà bon l'heure qui vient ben ben là je vais souffrir
ou se dire bon ben le l'année qui vient je vais souffrir. Euh voilà quand je je suis par exemple
je suis une grande insomniaque c'est surtout à ce moment-là que je les vis mes ténèbres et
mes insomnies sont très rarement agréables. Elles sont souvent même horrifiques. Mais je sais que ça
sera pas éternel. Souvent quand arrive l'heure de me lever de très tôt et même de plus en plus tôt,
je dis "Ah, c'est fini, l'enfer est fini." Parce que maintenant va commencer cette chose
beaucoup trop difficile pour moi, mais qui va par sa difficulté même me tirer de là ? Hm.
C'est assez puissant en fait. C'est aussi une question de connaissance de soi finalement et
d'acceptation. Oui. D'acceptation. Quand est-ce que vous avez commencé à vous accepter ? Très
tardivement. Très tardivement. Euh il y a des aspects de moi que je vivais bien.
Petite par exemple. Bon ça a l'air bizarre à dire. Enfin, quand j'étais petite, j'étais
la première de la classe et ça m'était tout naturel parce que voilà. Et bon bah à la base,
moi je m'en fichais complètement. Mais j'ai vu que les parents trouvaient ça bien. Ah c'est bien, tu
es la première de ta classe. Oh puis j'étais toute contente. Bon cette partie làà évidemment elle
elle passait toute seule. Je la vivais très bien. Et puis plus tard ben les démons ont commencé à
se manifester très fort. Ça ça a été très très très difficile et je n'acceptais pas ça du tout.
et toute la partie trouble alimentaire avec tous les troubles que ça entraîné dont une
très grande solitude dont une un malfou à me faire aimer. Moi qui ai toujours eu besoin
qu'on m'aime ça ça a été très très mal vécu. Et cette partie-là non seulement le fait de ne pas
être aimé mais d'éprouver quand même le besoin d'être aimé tout ça je j'avais un mal de chien
avec ça. Je me disais si au moins tu avais pas besoin d'être aimé mais non mais j'avais j'avais
cette fin là aussi donc c'était c'était un vrai problème. C'est som toutes très récent. Je vais
pas dire que le problème est réglé il n'est pas réglé mais c'est très récent qu'il y a
des aspects de moi où je me dis mais là tu as tout à fait le droit et c'est je dirais c'est
2025. Donc vous voyez, même à mon grand âge,
on peut encore avancer. Moi ça m'énerve. Ça m'énerve que vous ayez dû attendre 2025 pour
vous accepter et donc vous aimez parce que c'est ce don qui s'agit. Oh mais attendez, n'arrive,
n'allez pas si vite en besogne. N'allez pas si vite en besogne. J'ai pas dit que je m'aimais.
Me supporter, c'est déjà une grande chose. Mais vous avez raison, m'aimer le but, hein. Parce
que je me souviens que quand j'étais petite, il y avait des moments où je m'aimais. Euh,
j'ai fait un trip, il m'arrive de faire des trips. Je dis pas que c'est bien. Il m'arrive
de faire des trips. J'ai fait un trip en 2023 où soudain, j'ai totalement revécu mes 9 ans.
Mais c'estàdire pas les moments grandioses de mes 9 ans, les un samedi, un dimanche de mes 9 ans,
c'est-à-dire toute seule du matin au soir dans la nature,
très contente d'être avec moi-même, n'ayant besoin de strictement personne.
Mais grandiose, c'est ça s'aimer. C'est pas de se dire "Ah, je m'aime, je m'aime, je me regarde
dans le miroir, je m'adore." Ça, ça n'a aucun intérêt. C'est ridicule, c'est pathologique.
C'est passé toute une journée dans la nature seul avec soi-même à se raconter des petites histoires,
à aller regarder le ruisseau, à monter dans son arbre et à rêver et et à n'avoir besoin de rien
d'autre que ça. Mais rien que d'avoir retrouvé ça lors de ce trip de l'été 2023, je me dis
mais c'est ça le but. Évidemment que c'est ça le but, c'est de retrouver cet état là. Par moment,
je revis cet étatl. Le vecteur principal qui me permet de retrouver cet cet état là,
c'est le vélo. Quand je fais du vélo, j'ai besoin de personne. J'ai 9 ans, je suis toute
contente. Je suis sur mon vélo. Je suis sûr que vous l'aurez avec la danse aussi. Alors quand
j'ai dansé sur la la la scène au zénite, j'ai retrouvé cet état là aussi. C'était formidable.
Qu'est-ce qui fait que en fait ça me surprend qu'après toutes ces années,
qu'après quand même tout ce travail, ça vous paraît assez dingue de vous aimer. Qu'est-ce
qui rend ça si dingue ? Les démons euh les démons sont nombreux et j'en suis pleine. Euh
j'ai une certaine expérience de la Yahwaska. Je ne sais pas si vous êtes au courant. Non.
Euh j'ai fait tellement de tripes d'Aweska que j'ai beaucoup de mal à les compter.
Prenant mon plus grand trip d'ayawaska, il m'a été donné de voir le monde d'une toute
autre manière et j'ai vu tous les démons. Mais il y en a tellement partout en moi, ailleurs de moi,
il y en a plein. Et en même temps, c'était mon plus beau trip. Donc j'étais dans les bras de
la Yawaska qui est une déesse qui m'avait dit "Tu es mon enfant chéri et je t'aime. Tiens,
viens dans mes bras." Je saute dans ses bras. Donc je suis dans ses bras.
Je me balade à travers l'univers et je vois qu'il y a des démons partout. Et puisque la Yawaska est
ma maman et que j'ai 4 ans dans ses bras, je lui je lui montre les démons mais comme ça,
tu as vu quand même quoi ? Et là, Yaweska qui dans le trip est ma maman et en même temps une grande
déesse mais elle me dit "Mais tu les ignores ?" Oui, oui, c'est vrai. Il y en a plein. Mais tu
sais si tu les ignores, en fait, ils n'ont aucune importance. Ils ne deviennent puissant que si tu
les crains et que si que si tu les regardes avec terreur. Mais si tu t'en fiches complètement,
alors ils ne sont pas puissants. Donc, c'est une très grande règle mais elle est très difficile à
appliquer tous les jours. Je ne suis passe pas ma vie malheureusement dans les bras de la Yoseska.
Je me demande dans quelle mesure la RSK et les autres psychotropes euh nous font voir ce qu'on a
envie de voir. Je ne pense pas. Non, franchement, je je je parle des je parle des hallucinogènes.
Ouais. Qu'on appelle aussi qu'on peut aussi appeler des lucidogènes. On voit bien que ce
n'est pas du tout la même conception du truc. Bon, on n'est jamais à l'abri d'un bat trip.
Le batt trip enseigne beaucoup aussi hein. Le batt trip c'est quoi ? On découvre l'enfer. Ben l'enfer
c'est intéressant. D'abord l'enfer il est en soi aussi hein. Donc découvrir cet aspect de soi c'est
c'est très intéressant. Euh mais je je constate quand même que j'ai tellement appris de tous mes
tripes h je je dis bien aux hallucinogènes. C'est pas du tout les drogues en général.
C'est des psychédéliques dont on trouve maintenant cliniquement des bienfaits.
C'est ça. Les psychédéliques m'ont énormément appris sur moi et y compris mes batt trip. Je
ne dis pas que ce n'est pas dangereux, je ne dis pas qu'il faut faire n'importe quoi,
je ne dis certainement pas ça, mais je dis que pris judicieusement et avec des précautions,
ça peut être extrêmement intéressant et que moi ça m'a énormément appris et énormément apporté.
à la fin de tant mieux. Donc vous partagez quand vous avez appris la mort de votre mère et que il
est 7h, vous avez encore une heure d'écriture ou et alors que vous avez continué à écrire et que
ensuite vous vous êtes laissé aller à à l'émotion. Oui. Vous dites que beaucoup de gens ont trouvé
ça horrible. Bon, moi personnellement, je trouve ça assez incroyable d'avoir cette
capacité euh qui je pense pourrait tous et toutes nous être utile de finalement pouvoir
mettre une distance avec l'émotion comme vous avez été capable de le faire à ce moment-là.
Oui. Est-ce que c'est une compétence que vous avez développé ? Je je ne sais je ne sais pas
quoi vous dire parce que je je n'ai vraiment vécu ça qu'une heure de ma vie. Je veux dire,
il m'est arrivé de mettre à distance des émotions pour écrire. Mais bon, un chagrin d'amour, c'est
terrible mais ça fait partie de la vie. La mort de sa mère, la mort de ma mère, je la redoute depuis
que j'ai une conscience. La mort de ma mère, là, je peux vous dire cette heure de je n'ai je où
j'ai continué à écrire, je n'y suis arrivée vraiment que en me disloquant dans ma tête.
Vraiment, je me suis dit maintenant tu branches ta main qui est écrit directement sur ton cerveau
et tout ce qu'il y a entre ta main et ton cerveau n'existe plus. C'est le c'est la c'est la seule
façon d'y arriver. Ce n'est pas un état de santé. Je ne peux pas recommander ça à qui que ce soit.
Je ne peux je ne sais même pas si ce que j'ai écrit ce matin-là valait quelque chose. Je
n'en sais rien. Je sais que j'ai j'ai eu l'impression d'écrire à peu près ce que
j'avais prévu d'écrire ce jour-là. Voilà. Mais mais ce n'était pas un état saint.
C'était vraiment une circonstance extrême. Comment vous gériez vos émotions à 16 ans
et comment vous les gérez aujourd'hui ou à 16 ans, c'était beaucoup plus dur. Euh
à 16 ans, c'était c'était forcément toute toute émotion quel qu'elle soit
aboutissait à une tragédie. euh qu'elle soit bonne ou mauvaise,
c'était de toute façon beaucoup trop fort pour moi et ça ne ça ne l'impact était forcément négatif,
mais non, ça va quoi. Euh bon, j'ai toujours tendance à vivre des émotions trop grandes
pour moi parce que je je suis très intense, hein, d'être très émotive
mais ça va. Arrivez à danser avec Ah oui, quand je Mais quand on a la possibilité de danser,
tout est beaucoup mieux. Le malheur, c'est qu'on a pas toujours la possibilité de danser. C'est ce
que je trouve assez impressionnant quand même aussi, le fait que vous az traversé toutes ces
épreuves. H qu'est-ce qui vous a fait tenir, enfin concrètement, qu'est-ce qui a fait que
vous n'avez pas voulu quitter la vie ? Oh, vous savez, parfois je suis pas passé loin. Hm. Euh,
je pense que j'ai une très profonde vitalité, c'est-à-dire que l'instinct vital est très très
ancré en moi. Ça, je pense que ça me vient de mes parents et surtout de ma mère. Mais bon, mon
père aussi a prouvé qu'il avait une très grande vitalité, mais chez ma mère, ça se sentait encore
beaucoup plus fort. C'était des êtres très vivant. La vie était voilà, ils étaient plus vivants que
les autres. À ma manière, j'ai hérité de ça. Il fallait pas que je meure tout de suite. Non,
que je sois terrifié à l'idée de mourir. Je suis sûr que mourir est très intéressant.
Mais si auparavant on peut tirer de la vie tout ce qu'elle peut nous offrir, c'est pas mal non
plus. Qu'est-ce qu'elle vous offre à part faire des enfants ? Oh, la vie a été très généreuse
avec moi. Euh, bon, j'ai vécu des et je vis de très bells amours. C'est très important. C'est
vrai. Et puis j'ai vécu des trucs formidables. Par exemple, le plus beau jour de toute ma vie,
ça a été le 15 décembre 1989. Qu'est-ce qui m'est arrivé le 15 décembre 1989 ? Je faisais
de la montagne, j'étais perdu dans le massif du kumotoriama qui fait partie des Alpes japonaises.
Je cherchais mon chemin. Il y avait une tempête de neige. C'était c'est honnêtement ma vie était
en danger. Dans les montagnes japonaises, il y a rien. Euh il y a pas de signal,
il y a pas de piste, il y a pas de Je savais que si je voyais le mon fougie, j'étais sauvée. Le
mon fougi était ma direction. Donc euh je de de 5h du matin à midi, j'ai cherché le mont. Je courais
dans la montagne, dans la tempête de neige. Je cherchais le mon fougi partout. Il y avait pas
de mon fougie. Je vais mourir parce que et puis à midi pile, j'arrive au sommet d'un versant. Je
pourvu qu'elle bon fougie. Pourvu qu'elle m'ont fougie. Non, j'arrive au sommet du versant. Déjà,
la tempête de neige s'arrête, ciel tout bleu. Qu'est-ce que je vois pile devant moi pour moi
toute seule ? Le montuj énorme. Là, je suis tombée à la renverse et là, je savais que mon chemin,
il était tout trouvé. Je n'avais plus que 7h à marcher le long de la crête pour arriver à
la vallée. Et c'est ce que j'ai fait pendant les 7 heures qui ont suivi. J'ai marché avec le Mont
Fougi, mais pour moi toute seule qui était à côté de moi. Je j'ai je marchais en parlant
mon fougie comme à mon meilleur copain. Il est resté mon meilleur copain. C'est c'est clair.
Vivre ne serait-ce que pour avoir vécu ça, ça vaut largement la peine. Ça valait la
peine de rester en vie pour tutoyer le mon foui pendant une journée entière.
Est-ce que vous êtes déjà perdu dans le piège du toujours plus ? Non. Comment vous
faites pour ne pas tomber justement dans le piège de notre société capitaliste qui nous
rend comme ça de toujours chercher la marge d'après, l'accomplissement suivant ? Non,
ce que je fais me plaît tellement et est tellement difficile que tout ce que je veux, c'est de
pouvoir continuer à le faire. Bon, le simple fait de continuer à le faire implique que je sois tout
le temps à l'avant-garde du truc. Mais ça, c'est l'avant-garde. C'est c'est une avant-garde. Ce
n'est pas une recherche de succès. J'ai rien contre le succès, mais c'est pas la recherche
du succès. C'est la recherche de l'avant-garde de moi-même. Être à ma propre avant-garde. C'est
ça le but. plus de succès. Je c'est ce que je disais tout à l'heure, il y a aucun moyen de
savoir ce que les autres vont aimer. On est forcé d'être honnête. Personne ne sait ce qui plaît en
littérature. Celui qui prétend savoir ce qui plaît en littérature n'est qu'un charlatan. C'est quoi
votre plus grande peur maintenant que vous avez perdu vos deux parents ? Que c'était une de votre
plus grande peur que vous en avez parlé écrit dessus. perdre ma sœur. Hm. Bon, heureusement,
elle est jeune en et en bonne santé. Ouais, ouais, ouais. C'est c'est particulier, hein. Euh oui,
mais c'est vrai que là, tout à coup, il y a le recul d'une génération. Tout à coup, c'est c'est
la génération d'après, bah la mienne. H c'est c'est nous qui sommes. Bon, on est en ça va,
nous sommes encore relativement jeunes mais bon, la prochaine génération qui va mourir, c'est quand
même la nôtre. Et ça fait et c'est certain que ça fait bizarre. Comment vous le pensez ? Voilà,
j'en suis encore au stade tout à fait où ça va, tu as tu as encore au moins 20 ans devant toi.
20 ans, c'est long, tout va bien. Hm. Donc vous avez pas de peur de cet inconnu qui est la mort.
Alors la mort pour moi, non je vous dis, je vais pas dire que je suis impatiente,
mais je suis sûre que ça doit être passionnant de mourir. La mort des autres, c'est c'est différent.
Hm. Il y a pas de méthode et de mode d'emploi ou deuil. Chaque deuil est différent. Chaque
chaque deuil est différent. Déjà, il y a les morts qui parlent, il y a les morts qui parlent
pas. C'est très différent dans dans les deux cas. De toute façon, c'est très difficile. Bon.
J'ai quand même pu m'apercevoir et ça c'est la bonne nouvelle que je peux donner aux gens, c'est
vraiment le deuil n'est pas la fin. Je ne sais pas ce que ce qu'est la mort, j'ai aucune théorie sur
la question. Je verrai bien quand ça m'arrivera, mais je constate que mes relations avec mes
disparues et ben elles sont pas finies et pas uniquement à cause de l'écriture. C'est vrai que
l'écriture m'a permis de prolonger mais même sans écriture, j'ai pu prolonger. C'est pas fini après
la mort de l'autre. Vous croyez en en quoi ? En une après la mort, en la réincarnation, ennêtement
compagnie. Honnêtement, j'en sais rien. J'ai j'ai vraiment l'intuition qu'il y a que c'est pas le
néant. Quant à savoir ce que ce panéant est, je n'en ai aucune idée. Juste pas le néant. C'est
déjà pas mal. C'est déjà pas mal. Est-ce qu'il y a une critique qui vous fait particulièrement mal ?
Non, il y en a que je trouve vraiment ridicule, mais euh
je sais ce que je fais. Ce que je fais est éminemment difficile. Évidemment que je peux
me planter. Évidemment que je me plante. C'est quoi pour vous vous planter ? Quand je me relie
et que je me dis "Ma pauvre Amélie, là c'est ce ne sont que des fausses notes. Tu es tout à fait
sortie de ton son ?" Bah oui, bien sûr, ça peut m'arriver. C'est très difficile mais je sais que
je suis honnête. Je j'essaie de tout mon être et bien sûr qu' même en essayant de tout mon être,
ben bien sûr que je peux me planter. Celui qui me reproche ça. Bon, il faut pas tout publier,
hein. Faut quand on se plante, faut pas publier, ça c'est clair. Mais jusqu'à présent, je trouve
que ce que j'ai publié méritait de l'être. Je n'ai je n'ai pas eu l'impression de publier des fausses
notes. Peut-être que mon son n'est pas audible de tous, mais ce ne sont pas des fausses notes.
Est-ce que vous avez un chemin pour retrouver la route de la justesse, de la note ?
Il faut écouter le silence en soi. Faut vraiment faire raisonner le son en soi. Si le son est faux,
on l'entend. Par contre, je pense pas. Bon, il y a correction et correction. J'ai tendance si on
s'est vraiment complètement foiré de son, je pense qu'on ne peut pas le rattraper. H il faut savoir
le laisser de côté quoi. Voilà. Mais mais les petites fausses notes, on peut les rattraper. Vous
faites quoi de 8h à 18h ? tellement de choses. Déjà, je vais chez mon 5 jours par semaine,
je vais chez mon éditeur répondre à mon courrier. C'est beaucoup de choses ça. Ça prend beaucoup de
temps. Je reçois beaucoup de courriers. Je déjà rien que tout, lire prend un temps colossal.
Répondre prend un temps colossal. Ensuite, aller rencontrer Louise lors d'un podcast et attendre
impatiemment. le moment de boire du champagne avec elle prend beaucoup de temps. À côté de ça,
j'ai aussi une vie tout à fait normale. Je fais des courses, je fais la vaisselle, euh je fais
du vélo. Hm hm. Euh je vais au cinéma, je vais énormément au cinéma, j'ai une vie amoureuse très
intense. Euh je vais au concert, parfois même rarissimement, je suis sur la scène du concert,
j'ai une vie remplie et puis je ne dors pas. Mais parfois je dors. Alors ça quand je dors
ça c'est c'est trop bien. Ça m'arrive pas souvent mais quand je dors c'est trop bien.
C'est dur quand même de pas dormir. C'est très dur de ne pas dormir. C'est surtout quand on est
très fatigué. Il peut m'arriver d'être extrêmement fatigué et de ne pas parvenir à dormir. C'est très
ambitant. Ça a toujours été le cas. Oui. Depuis alors là aussi loin que remontent mes souvenirs,
ça a toujours été le cas. Et malheureusement ça empire en vieillissant. Hm. Comme quoi, enfin, on
peut produire et vivre et expérimenter et profiter malgré tout. Euh alors dans une certaine mesure,
ce handicap, car c'est un handicap, participe à ma créativité. Parce que je le répète, le problème
n'est pas de ne pas dormir. Le problème, c'est la nature des pensées qui ont tendance à venir quand
on ne dort pas. Et ces pensées sont tellement horribles que la seule façon d'en sortir,
c'est de créer une pensée beaucoup plus difficile. Je veux dire non là maintenant
tu penses à ton manuscrit, tu sais exactement où tu en es. Retrouve ton son et écris dans ta tête
ce que bon ça n'endort pas du tout pour trouver le sommeil. C'est c'est complètement raté. Mais
au moins ça crée quelque chose de tellement difficile que ça peut retirer de l'enfer.
la fiction comme palliatif, le récit parfois réalité, le récit parce que la fiction, bon,
je pense que même l'autobiographie ou la biographie fait partie de la fiction. C'est
pas ça, c'est pas ça veut pas dire qu'on invente, mais il faut d'abord le mettre en son. Donc c'est
forcément le son est le son est voilà le la mise en récit, la mise en son sort de l'enfer,
c'est certain. Enfin, c'est ce qui fonctionne pour moi. J'imagine que pour d'autres personnes,
j'imagine que pour le peintre, c'est la mise en image. Vous avez déjà fantasmé de enfin en fait
ce que je trouve difficile avec la rigueur que vous avez, même si elle est bénéfique
plein d'aspects, c'est potentiellement la difficulté à faire venir la spontanéité,
l'imprévu. Si demain vous voulez partir avec votre amoureux faire la muraille de Chine.
Mais je le fais hein. Vous le faites mais de 4h à 8h. Oui oui oui oui oui ouais. OK. Vous arrivez à
faire partie enfin à à exper à exporter à exporter la discipline avec vous. Je trouve ça difficile
mais j'en suis capable. Je je préfère faire ma routine chez moi dans ce fuseau horaireci. H euh
mais s'il faut exporter la routine, j'en suis capable. Euh les circonstances bon alors bien
sûr la mort de ma mère mais sinon dans ce qui est circonstances de voyage ce que j'ai expérimenté
de plus difficile c'est la routine dans l'avion h quand le moment de l'écriture apparaît quand
je suis en avion bah c'est difficile mais j'ai déjà prouvé que j'en étais capable
et qu'est-ce que ça a changé dans vos relations amoureuses d'avoir finalement
ce moment à vous qui ne vous appartient qu'à vous. Ah, ça c'est très bien. Ça c'est très simple. Et
c'est à mon avis un exemple de ce moment qu'on va tous nous réserver mais qui parfois euh devient
difficile quand l'autre le voit presque comme une attaque ou comme une Et bien justement, si l'autre
le voit comme une attaque, c'est c'est que c'est pas l'homme ou la femme de votre vie. Hm. Car il y
a des gens comme ça. Dans ce cas-là, passez votre chemin. C'est même un bon moyen de voilà celui qui
prétend vous aimer au point de donne-moi cette preuve d'amour sublime que pendant un jour tu
vas t'en passer ou là passez votre chemin. Euh par ailleurs, moi je suis hyper fusionnelle en amour.
Heureusement que j'ai ce truc qui me dit "Oui, non mais là euh pendant 4 heures, je suis avec
moi." Heureusement que j'ai ça. Ouais, c'est très bien. Ça me permet de ne pas être trop fusionnel.
C'est très bien. Ça vous c'est un sacerdoce. Ça me permet de rester indépendante. Le Il faut garder
son indépendance. On ne le dira jamais assez. J'ai une tendance depuis que je suis grande, je n'avais
pas ça quand j'étais petite. J'ai une tendance à perdre mon indépendance. Je dois me méfier de
ça. Heureusement que j'ai cette discipline qui me maintient en état d'indépendance. Comment on
sait qu'on est tombé dans la dépendance ? Quand l'autre et sa cam, j'ai besoin de te regarder,
j'ai besoin de te renifler, j'ai besoin d'être dans tes bras. Est-ce que tu m'aimes ? H je dis
pas que je dis pas je suis comme ça mais faut quand même pas être comme ça tout le temps.
H faut prendre en tout cas je trouve ce qui est difficile c'est de grandir dans l'idée que l'amour
c'est ce qu'il y a de plus beau. Oui. Et que en fait en effet le fait de s'oublier d'un l'autre
presque une chance inouie de l'expérimenter. Oui. et qu'en fait euh l'amour euh n'est pas
opposé à l'indépendance quoi, ne doit pas se conjuguer euh de manière opposé. Vous avez dit
une très grande chose, l'amour n'est pas opposé à l'indépendance. L'amour durera d'autant mieux,
se passera d'autant mieux qu'on aura conservé son indépendance. J'ai vécu, je n'ai pas j'ai
mis du temps à le savoir, y compris avec les autres que je rencontrais. J'ai fait des erreurs
avec des gens qui m'ont dit qu'il n'auraiit plus de vie en dehors de moi. Évidemment,
ça a donné des catastrophe. Maintenant, je sais quand je rencontre quelqu'un qui dit ça, oups.
Donc ça, vraiment, j'ai envie de dire aux gens,
ne soyez pas comme ça. Et et aimez à la folie, oui, bien sûr, mais gardez votre
indépendance et si vous voyez quelqu'un qui veut vous avaler tout entier, méfiez-vous.
Je suis assez persuadée que il y a quelque chose de cool euh dans le fait de vivre différentes
histoires amoureuses. Oui. Là où aujourd'hui il y a quand même, j'ai envie de dire une sorte d'hôtel
de la relation unique et advitam eternam. Est-ce que vous choisissez, est-ce que vous avez choisi
de ne pas vous enfermer avec une seule personne ou est-ce que c'est la vie qui a fait que Alors,
il faut différencier fidélité et exclusivité. Moi, je suis quelqu'un d'hyper fidèle. Faut
vraiment qu'on me dise donc qu'on me jette dehors pour que ce soit fini.
Je ne suis pas quelqu'un de très exclusif.
Et je ne demande pas non plus qu'on le soit avec moi. Je ne peux pas être plus clair. Ouais, ouais,
ouais. Non, mais c'est aussi, je trouve assez novateur parce qu'on commence à le voir, enfin moi
dans ma génération, on commence à accepter l'idée que là aussi amour ne veut pas dire exclusivité.
Oui, mais mais c'est vrai que je je me suis demandé pendant longtemps ce qui faisait que l'â
sœur entre grands guillemets euh vraiment oui, la personne unique serait plus noble que différentes
relations qu'on peut avoir au cours de c. C'est c'est c'est c'est absurde. C'est absurde. Et puis
voilà, on peut très bien avoir une âme sœur et puis à côté de ça vivre des amours. Hm. C'est
vrai, tout existe du moment qu'on est d'accord, qu'on est honnête et qu'on est dans le respect.
Voilà. Et qu'on est dans le respect. Tout existe. Tout existe. Je crois qu'on va tiner à ça. Alors,
s'il y a un domaine qui est justement, on parlait de fidélité et de non exclusivité,
le champagne. Ouais. Bon, il se trouve que je bois à 99 % du champagne et là vous me gâtez.
Je pense que je vais vous faire l'honneur de Vous me gâtez. Très très très beau champagne en
plus servi en magnum drapier. Vous savez que non seulement je suis une fanatique de champagne, mais
que je suis pas au sein des champagnes. Bon, il y a énormément de champagne dont je suis fanatique,
mais je fais particulièrement la promotion des champagnes au bois, c'est-à-dire des champagnes du
département de l'aube qui ce n'est jamais que l'un des trois départements de la région de Champagne.
Les départements les champagnes de l'aube sont moins connus que les autres champagnes. Or,
je les trouve extrêmement intéressants. Le plus connu des champagnes au bois, c'est le drapier.
Et bien, je peux vous dire qu'il n'a pas volé sa réputation. C'est un champagne sublime de très
grande classe qui plusit la famille drapier est une famille extraordinairement sympathique parce
que c'est bien aussi quand on boit les champagnes de savoir de connaître. Alors, je suis peut-être
pas forcément la plus surdouée quand il s'agit de l'ouvrir. Ne vous sousestimez pas. Enfin,
je voulais j'aurais voulu faire encore moins de bruit parce que moins on fait de bruit.
Plus on est doué dans un premier temps, nous trinquons toutes les deux mais après
nous allons trinquer avec tous les gens qui sont là et ça va faire beaucoup d'heureux.
Mais d'abord à nous cher Merci beaucoup ch Amélie pour cette pour ce magnifique
échange. Je pourrais vous parler pendant des heures en buvant du champagne encore plus.
Il est grandiose. Il est grandiose. Ah ouais ou ouais. Voilà. Et c'est un très grand champagne. Et
vous voyez, c'est pas n'importe quel champagne les champagnes. On sent que c'est quand même une terre
légèrement différente. Le département de l'aube fait partie du terroir du champagne mais c'est
quand même une autre terre, c'est pas n'importe quel champagne. C'est fou parce que vraiment
quand on devient un peu connaisseur de quoi que ce soit, on peut vraiment plus considérer la chose
de la même manière. Enfin, c'est clair vraiment. Je samedi je buva un autre champagne et il était
mauvais. Ah quand le champagne ne tolère que l'excellence. Mais je me suis demandé s'il avait
pas tourné quoi parce queen fait c'était peut ça peut arriver. C'était une très belle marque,
un Magnum aussi et vraiment alors le champagne peut m'adériser. Pourquoi ? Qu'est-ce qui fait
que le champagne ? Ça peut être parce qu'il a trop attendu. Ça peut être le Quel est le pire ennemi
du champagne ? C'est la lumière. Champagne doit être non seulement conservé, allongé, mais surtout
à l'abri de la lumière. La lumière. Moi, quand je passe devant des cavistes qui exposent leur
plus belle bouteille, je me dis voilà un caviste chez qui je n'irai pas h parce qu'il expose son
champagne et donc forcément son champagne est en train de se faire dévorer par la lumière.
Je vous vois bien avoir un domaine en champagne mais qui sait ça m'arrivera
peut-être un jour peut-être comme ça même plus besoin d'aller l'acheter. Vous l'aurez
à domicile. J'ai quelques dernières questions pour vous. Oui, déjà j'ar j'avais envie de vous
demander c'est quand la dernière fois que vous avez fait quelque chose pour la première fois ?
J'aime bien votre question. Attends,
ça demande vraiment réflexion. Ah bah le champagne là pour ça hein. H
oh là là. Sinon c'est le signe, il est temps. Mais vous avez raison quelque chose de nouveau. Il faut
que je fasse quelque chose de nouveau parce que même le zénite il y a une semaine c'était la je
l'avais déjà fait à l'Olympia 6 mois auparavant. Donc je vous en cours de hip hop si vous voulez.
Un cours de hip hop ? Mais c'est grandiose. Je vais aller avec vous à votre cours de hip hop
comme ça je pourrais dire que pour la première fait de ma vie, je serais allée à un cours de
hip hop, n'est-ce pas ? Vous allez mais j'en suis sûre. C'est quand la dernière fois que
vous vous êtes dit tant mieux ? Alors un truc de fou, depuis que j'ai publié, tant mieux,
je me dis tant mieux au moins une fois par jour. Je je n'ai je n'ai jamais tant dit tant mieux que
depuis que j'ai publié, tant mieux. Ça ne ça me sort de la bouche tout le temps et ça m'a fait un
bienfaut parce que bon, j'ai écrit ce livre parce que ma mère est morte, je l'ai publié aussi parce
que ma mère est morte et que j'étais incapable de dire maman est morte. Le publier, ça a été
une façon pour moi d'apprivoiser cette parole de dire que maman était morte. Donc je me suis dit
ou là là cette publication va être abominable. Je vais parler de ma la mort de ma mère tout le
temps. Donc je vais pleurer tout le temps. Et non seulement ce n'est pas du tout ce qui se produit,
mais j'ai au contraire l'impression que la bonne humeur de ma mère est en train de me contaminer
parce que ma mère était toujours de bonne humeur. C'est pas pour rien qu'on l'appelait madame tant
mieux. Elle était toujours de bonne humeur. Donc finalement ce me donne, je vais dire une parole
qui qui va avoir l'air très prétentieuse mais j'ai l'impression que ce livre est une réussite parce
que vraiment ma mère est toujours là. Maintenant ma mère elle est en moi. C'est formidable.
Quand vous parlez dans le livre de ce moment où vous étiez en voiture avec elle et vous
n'avez pas su quoi dire et et voilà c'est bon qu'on a tous et tout déjà vécu. Oh là là,
mais qu'est-ce que je pourrais dire qu'il val le coup finalement d'être dit ? Est-ce que si là vous
elle vous rejoignait après vous emporteiez la fin du Magnum et vous allez en voiture
avec elle ? Il y aurait quelque chose quand même que Ah oui, je lui dirai tu sais maman,
bon depuis que tu n'es plus là, j'ai écrit un livre sur toi et qu'est-ce que j'ai eu raison
parce que tu es vraiment comme héroïne de roman, j'aurais jamais pu trouver mieux
que toi. J'aurais même jamais pu inventer un personnage aussi incroyable et génial.
Et en plus maman ton livre je l'ai publié et les gens t'adorent et ça marche super bien. Les gens
sont contents de te découvrir. Donc tu vois toi qui avais si peu parce que ma mère n'avait aucune
estime pour elle-même mais ça la dérangeait pas du tout. Elle était très contente comme ça. Pensait
qu'elle n'était rien. Ça lui allait très bien ça. Je crois même que ça participait à sa joie.
Je lui dirai maman voilà tu le savais pas mais tu étais la plus grande héroïne de remonde tous
les temps et je suis sûre qu'elle dirait non parce que chaque fois que je lui disais du
bien d'elle-même comme comme quand je lui disais du mal d'elle-même la réaction était toujours la
même. C'était long l'incrédulité totale qu'on puisse penser ou du bien ou du mal d'elle. Elle
se tenait tellement pour rien, c'était tellement la vraie humilité que exister était pour elle une
joie suffisante. C'est une belle leçon de vie. Oh, c'est certain. À atteindre le niveau de le
niveau d'existence que ma mère avait atteinte, c'est-à-dire la pure joie d'exister. C'est la
plus grande de toutes les leçons de vie, hein. Si vous pouviez entendre quelqu'un à ce micro,
qu'est-ce que vous aimeriez entendre ? Et bien par simple curiosité mais aussi par intense sympathie,
c'est quelqu'un que je n'ai jamais rencontré mais que j'ai souvent vu au cinéma. Ce serait Adel
Exarcopou. C'est une excellente actrice et j'ai toujours été frappée par son incroyable naturel.
Je crois que c'est ça qui fait qu'on aime cette actrice. Elle est plus naturelle que les autres
et on a toujours l'impression qu'elle est la même dans la vie qu'à l'écran. Et bien, je voudrais
que vous l'interrogiez, qu'elle passe à votre podcast pour pour savoir si c'est vrai, si elle
est vraiment la même dans la vie et à l'écran. Ce serait en effet un très bel échange, je pense.
Donc, Adelle, tu es la bienvenue. Et àie, je vais vous poser la dernière question du podcast.
C'est une question euh à laquelle je tiens parce que je pense que c'est le moyen de partager
vraiment ce qu'on a au fond des trip. Si demain vous deviez rejoindre vos parents dans cet inconnu
de l'au-delà et qu'on peut plus avoir accès à aucun de vos livres, aucun de vos romans, on ne
peut plus voir vos vidéos sur scène en train de chanter, ce qui est quand même une sacrée perte.
Et vous pouvez uniquement écrire sur une feuille de papier les trois leçons que
vous retirez de cette villeel. Qu'est-ce que vous écririez ? Je peux même vraiment si c'est
plus facile pour vous décrire, j'ai toujours un carnet et un stylo. Le plaisir, l'amour
et l'insouciance. Voilà, c'est c'est ça qu'on est venu vivre. Le plaisir à l'amour,
c'est ce que j'ai découvert finalement le plus facilement. L'insouciance,
ça a été nettement plus difficile parce qu'il a l'insouciance, je l'ai perdu. Bah oui. Et qu'il
a fallu la reconquérir. C'est ça l'indépendance, c'est l'insouciance. C'est de se dire en fait je
fais exactement ce que je veux et peu importe les conséquences que ça aura. Hm. C'est une
forme finalement de responsabilité aussi. Oui, c'est vrai. On peut venir à l'âge adulte quand
on a perdu l'insouciance d'enfant. Oui. Bah merci beaucoup Amélie. Merci bienvenue euh merci Louise
sur In Power nous partager euh un peu de votre vie, de vos émotions, de votre pensée. Pour les
personnes qui désormais souhaitent se procurer le livre, bon il est en librairie dans tous les cas,
euh tant mieux, facile à retenir. Et si jamais on veut bah vous suivre, vous écrire,
personne vous a convaincu encore de faire un compte Instagram, j'ai l'impression,
mais il y en a un qui est géré par la maison il en existe un qui est géré par mes ma maison
d'édition. Il paraît que c'est formidable. Je l'ai jamais vu puisque j'ai pas les instruments qui me
permettent de le voir. Mais sinon, on m'écrit une lettre avec une feuille de papier. On écrit
de préférence à la main, mais si c'est tapé à la machine, je peux très bien comprendre que
certaines personnes n'aient pas la possibilité de faire autrement. Et on m'envoie ça euh sous
une enveloppe aux éditions Albin Michel. Superbe. Merci beaucoup Amie. Merci Louise.
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