Industrial paternalism in the 19th century emerged as a socio-economic model where factory owners provided comprehensive care and structure for their workers, ostensibly for their well-being, but also to secure labor and manage social tensions.
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Au XIXe siècle, le développement de l'industrie voit l'essor de la classe
ouvrière, plutôt urbaine, nourrie par l'exode rural qui déracine les individus
des cadres et des structures de la société traditionnelle.
Cette nouvelle classe sociale est souvent considérée comme dangereuse par
les classes supérieures, puisqu'elle est agitée par des idées qu'elle n'hésite pas
à exprimer et à défendre par la force. Ainsi en 1848 les ouvriers participent
massivement la révolution qui renverse la monarchie de Juillet. Pour certains la
classe ouvrière est donc une classe qu'il faut contrôler. Par exemple la mise
en place du livret ouvrier en 1803 a pour but de limiter les déplacements des
ouvriers qui sont alors très mobiles. Le paternalisme industriel ne conçoit pas
le rapport entre les ouvriers le patron à travers le seul prisme du salariat
puisqu'il consiste en la création d'un environnement social profitable à
l'ouvrier autour de l'entreprise. On peut donc se demander si le
paternalisme industriel est seulement l'expression d'une philanthropie des
patrons compatissant à l'égard des conditions de vie ouvrières, ou si celui
ci est un véritable modèle qui vise à apaiser les tensions sociales.
On va d'abord voir comment est né et s'est diffusé le paternalisme industriel.
Ensuite on va s'intéresser à sa généralisation et aux oeuvres sociales
qui l'accompagnent. Enfin on verra que ce modèle est au service d'un ordre et de
représentations patronales. Le paternalisme industriel naît dans un contexte qui n'est
pas celui de l'agitation sociale mais du manque de main-d'oeuvre. Près de Boston,
aux Etats-Unis, les cotonniers de Lowell construisent plusieurs usines au début
des années 1820. Le premier but de ces industriels protestants et puritains est
d'éviter que la nouvelle ville ne devienne un lieu de vice. Ils recrutent donc
uniquement des filles de fermes de la région, lesquelles sont logées et voient leur vie en
communauté dirigée par des règlements. Ce modèle rencontre immédiatement un
certain succès. L'expérience de Lowell est très vite reconnue jusqu'en Europe et est
présentée comme une vie rêvée organisée dans un cadre préservant la bonne morale.
Dans la seconde moitié du XIXe siècle se développe dans le sud-est de la France
des couvents soyeux, qui emploient vers 1880 jusqu'à 100 000 filles de fermiers du
lyonnais travaillant dans des usines textiles. L'industrialisation finit
parfois par créer de véritables villes nouvelles, ces villes que l'on qualifie
de villes usines sont souvent complètement organisées par le patron de
l' usine. C'est aussi pour lui une façon d'attirer la main d'oeuvre en
fournissant à celle ci un logement et de quoi vivre à proximité immédiate de son
lieu de travail. Par exemple au Creusot l'industriel Schneider aggrandi ses
usines tout en construisant des cités ouvrières mais aussi des bâtiments
publics : hôpitaux, écoles ou encore églises. Le patron est à l'oeuvre de presque tout
ce qui s'y fait. De cette façon la construction de ces
villes usines correspond à un véritable projet de prise en charge de la vie des
ouvriers par le patron qui leur fournit : emploi, logement et soins. Cette prise en
charge globale se justifie par le besoin de fidéliser une main d'oeuvre dont on
manque, mais elle est aussi légitimée par l'idée qu'il s'agit en quelque sorte de
la "mission sociale" du patron envers toute personne sur laquelle il exerce
son autorité. Ce paternalisme industriel est un véritable projet
socio économique qui n'est pas réellement désintéressé. L'organisation
des institutions d'éducation pour les fils d'ouvriers en est un bon exemple.
Ils reçoivent une instruction classique mais ils sont ensuite classés et
sélectionnés afin d'être dirigés vers l'enseignement professionnel qui
permettra de les intégrer dans l' usine. Cette gestion de l'éducation est très
rationnelle et systémique. La façon dont sont sélectionnés, classés et dirigés les
élèves correspond en fait aux besoins que l'entreprise a aux différents postes
qui sont à pourvoir dans l' usine. Dans la société du XIXe siècle le travail des
femmes est dévalorisé, on considère leur salaire comme un salaire d'appoint qui
n'est donc qu'un soutien à celui du mari. Pourtant leur travail est équivalent et
ne correspond en rien à un supplément au travail
masculin. Les patrons ne l'ont pas inventé mais en bénéficient au moins sur
la question des salaires voire y adhèrent totalement. Si au Creusot les
garçons sont éduqués afin de répondre aux besoins de l'usine, les jeunes filles,
elles, sont regroupées dans des écoles de ménagères, où elles apprennent à devenir
de bonnes femmes au foyer. Ce modèle familial paternaliste est donc
présent à tous les niveaux de l'usine. Ce paternalisme industriel masque aussi le
rapport salarial qui existe entre patrons et ouvriers et rend presque
naturelle l'autorité que le premier exerce sur les second. En effet un des autres
objectifs est d'apaiser les tensions sociales et de faire accepter par ces
classes populaires, considérées comme dangereuses,
l'autorité du patron car elles dépendraient désormais de lui. En réalité cela revient
à considérer que le rapport entre le patron et l'ouvrier n'est plus seulement
celui de l' échange d'un travail contre un salaire, mais plutôt celui d'un père
avec ses enfants. Si le paternalisme industriel abouti à
une relative amélioration de la condition de vie des ouvriers, auxquels
il fournit logement décent et soins, il n'en reste pas moins un système socio
économique instauré pour répondre à des besoins, que ce soit en terme de main
d'oeuvre ou de contrôle sur celle ci. De plus ce système montre très vite ses
limites : à la fin du XIXe siècle déjà les grèves au Creusot sont par exemple
réprimées par l'armée.
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